[PORTRAIT] Maud Charaf, Digital League, co-lead commission Hypercroissance

Les portraits

Valoriser. Valoriser les entrepreneurs et les membres qui s’investissent dans notre association fait partie intégrante de notre ADN. Parce que les entrepreneurs et nos adhérents sont au cœur de nos actions, nous souhaitons mettre en avant leur parcours et leurs projets.

Voici donc le portrait de Maud Charaf, Déléguée Territoriale de Digital League et co-lead de notre commission Hypercroissance.

Découvrez son portrait

Les propos sont restitués d’une conversation enregistrée.

 

Quelques mots pour te présenter toi et ton parcours ? 

Je suis Maud j’ai presque 40 ans. Mes signes distinctifs : je suis très dynamique et très transparente, je n’ai pas la langue dans ma poche. Je suis lyonnaise de naissance et ultra chauvine sur ma ville ! J’ai un parcours qui mélange la Tech et le business, avec en fil rouge le numérique. Je suis plutôt une geek étant donné que j’ai commencé par des études de sémiologie pour finir sur un parcours d’ingénieur informatique à l’INSA de Lyon.

En terme professionnel, quand je suis sortie de mes études, je me suis orientée sur le public, l’Université de Lyon, pour un gros projet. Au début c’était pour du e-learning puis ensuite j’étais sur la première organisation de The Web Conf, la conférence mondiale du web à Lyon en 2012 et qui avait eu un joli impact ! Cela a été le moyen de rassembler à nouveau les acteurs de l’écosystème dans le numérique et de remettre un vrai boum sur le numérique ! C’est de là que de nombreuses initiatives se sont créées comme La Cuisine du Web par exemple ou encore Blend Web Mix. The Web Conf a donné un vrai élan sur la métropole en numérique et c’est top !

Ensuite, j’ai fait un petit passage chez Pulsalys. C’était une petite pause parce que je n’étais pas à un poste sur le numérique… et le numérique me manquait trop ! Donc quand il y a 5 ans le Cluster Edit (ancien nom de Digital League) est venu me chercher pour prendre en charge leur pépinière, j’ai accepté. C’était une époque où il n’y avait pas encore beaucoup d’incubateurs ni d’accélérateurs.

Aujourd’hui je suis déléguée territoriale. C’est un nom compliqué à comprendre mais en bref je m’occupe des adhérents Digital League du territoire du Rhône et de l’Ain ! Et je suis également responsable internationale.

 

Peux-tu nous en dire plus sur Digital League ? 

C’est le cluster de référence de la filière numérique en Auvergne Rhône-Alpes. C’est une association qui est à la fois très récente et très vieille car elle a fait des fusions-acquisitions et s’amusait à changer de nom tous les deux ans pour devenir Digital League, aujourd’hui forte et reconnue de l’écosystème. L’avantage c’est qu’il n’y a plus d’autre cluster à absorber donc l’association restera Digital League.

Notre travail, c’est d’accompagner les entreprises de la filière, principalement pour les faire grandir. C’est un but de fédération, on les informe, on fait leur promotion, on leur offre de la visibilité et on représente les acteurs de la filière en région avec en flagship : contribuer à la croissance de ces entreprises pour qu’elles puissent créer de l’emploi sur le territoire. Parmi les adhérents on a pas mal d’acteurs qui sont reconnus, dans les “grosses” entreprises, je pense par exemple à Esker, Visiativ software, mais également des jeunes pépites montantes comme Georges tech et puis des plus jeunes entreprises comme Grizzly ou Reecall. On représente plus de 500 adhérents sur l’ensemble de la région.

La particularité c’est que ce sont des chefs d’entreprises qui sont au board de ce cluster et avec qui on décide de toutes nos actions. On a aussi la chance d’avoir des soutiens forts au niveau des institutions publiques comme la Métropole de Lyon et la Région Auvergne Rhône-Alpes. L’autre particularité est que Digital League est implantée sur toute la région soit 6 bassins d’emploi (Lyon, St-Étienne, Clermont Ferrand, Annecy, Grenoble, Valence) avec un permanent sur le terrain pour chacun de ces territoires. Ils ont tous une expertise sur les différentes typologies d’entreprises qui constituent la filière numérique ce qui permet d’avoir un rapport de proximité également avec nos adhérents.

 

En quoi est-ce important pour toi de travailler dans une structure qui accompagne les entreprises numériques du territoire ? 

C’est important dans le sens où, étant passionnée par le numérique, l’innovation, l’entrepreneuriat (qui résument un peu mon parcours depuis presque 20 ans…) quoi de mieux que d’être au contact permanent avec des entreprises que j’accompagne au quotidien ! Elles me nourrissent sur ce qui se passe, sur une culture… elles m’apprennent beaucoup de choses ! Il y a une espèce de “non-routine” dans ce métier qui est juste extraordinaire. À chaque changement d’adhérent tu changes de projet, de problématique, de typologie d’entreprise et c’est tellement riche d’un point de vu humain et culturel que ce n’est vraiment que du bonheur ! J’ai vraiment besoin d’un métier qui me donne envie de me lever chaque matin et c’est vrai que les entreprises avec qui on travaille me donnent cette envie, c’est génial.

 

D’ailleurs, comment fédères-tu un aussi grand territoire ?

Je ne suis pas sûre d’y arriver, c’est un de mes objectifs à l’heure actuelle ! Le territoire Rhône – Ain dépend de la métropole de Lyon, il y a beaucoup de distance mais en plus de ça il y a une richesse d’entreprises qui est dingue : il y a plus de 1 200 entreprises dans le numérique ! Il y a un réel potentiel, sur Lyon on a plus de 200 adhérents. Il faut réussir à s’occuper de tous et je n’ai pas encore trouvé la recette magique pour tenir une fédération à 100%.

Ce qui fonctionne aujourd’hui, c’est le fait d’avoir des actions qui sont hyper ciblées et qui font que nos adhérents prennent plaisir à se retrouver et à échanger entre eux. Cela permet de créer de fortes connexions. Le plus bel exemple que j’ai, c’est à notre kick off au mois de janvier quand on a lancé notre programme de l’année, un de nos adhérent a employé la phrase : “j’ai trouvé une famille”. J’aime bien cette idée de dire que la League est une grande famille où tout le monde se connaît et s’entraide. Mais ce n’est pas encore évident de réussir à les fédérer tous ensemble, il faut qu’on trouve d’autres moyens !

 

Peux-tu nous dire, selon toi, quel rôle le numérique a-t-il à jouer dans l’innovation ? Peut-il transformer notre société ?

Oui forcément, le numérique a plus qu’un grand rôle dans l’innovation pour moi ! Mais il ne faut pas oublier que le numérique est un outil qui ne peut pas se décorréler d’un usage. Pour moi le numérique est un facteur de création de richesse qui doit être lié à des idées qui vont pouvoir changer le monde. Depuis une dizaine d’années, on assiste à une révolution digitale et l’exemple le plus récent est la période de confinement par laquelle on vient de passer. Le monde entier est passé en transformation numérique de manière intensive. Je ne parle pas des visioconférences mais vraiment de la manière d’outiller, de travailler en remote, de ne plus être ensemble au quotidien mais trouver une manière de rester ensemble. Le numérique amène une nouvelle façon de consommer, une nouvelle organisation. Il a l’avantage de toucher tous les domaines : sociétal, économique, environnemental… Pour moi, à l’heure actuelle, le numérique est le vrai facteur différenciant des trois piliers de l’économie Française et même mondiale, à savoir : la production, la consommation, l’emploi. Obligatoirement, cet impact outil transforme complètement la société actuelle.

 

Quels sont les obstacles rencontrés par les entreprises que tu accompagnes ?

Ils sont différents mais en même temps il y en a des similaires. Tout dépend de la maturité de l’entreprise. Le point commun à toutes les tailles d’entreprises, à l’heure d’aujourd’hui, c’est le recrutement de profils Tech. C’est le premier gros obstacle que l’on peut observer. On a actuellement beaucoup plus d’offres que de demandes. C’est très difficile de trouver des profils qualifiés et cela crée pas mal de tensions dans l’industrie.

Si on essaie de faire une “généralité” des différents obstacles selon la maturité de l’entreprise, pour une startup on va avoir un obstacle plutôt lié au market fit : trouver la bonne adéquation produit/ marché. Pour une société qui a commencé à accélérer fortement, ce que l’on appelle une scaleup, on va rentrer sur une problématique de produit, de développement de cette hypercroissance en conservant une culture d’entreprise et une problématique de financement : trouver des fonds. Sur les autres typologies d’entreprises, PME ETI voire grands comptes, il faut continuer à croître en gardant une certaine longueur d’avance en termes d’innovation. Il faut donc rester connecté en permanence aux différentes innovations qui peuvent arriver et conserver cette culture d’entreprise forte pour qu’il reste toujours une même envie d’aller de l’avant ensemble au profit d’une “marque-employeur”.

 

Au regard de tes expériences, quels conseils pourrais-tu donner à ceux qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Premier conseil : avoir confiance en soi. Si on a une idée, il faut y aller, il faut le tenter ! L’entrepreneuriat c’est quelque chose qui se fait avec les tripes ce n’est pas quelque chose que l’on fait simplement parce que l’on a pas envie d’être salarié. Il faut donc avoir une idée, voir aussi loin que possible et avoir de l’ambition !

Puis le conseil le plus important pour moi c’est : écoute-toi, mais ne reste pas seul ! Connecte-toi à un maximum de monde parce que tu vas pouvoir bénéficier d’une expertise, d’un écosystème mais également et surtout du retour d’expérience de pairs qui sont déjà passé par là, qui ont connu des réussites, des échecs, qui sont à un stade de maturation différent et des gens qui sont au même stade que toi, ce qui va créer une intelligence collective qui va te stimuler ! Surtout il ne faut pas rester dans l’entre soi de l’entrepreneur, il faut sortir, se connecter au maximum et faire confiance à son instinct

 

Pourquoi t’investir dans la dynamique French Tech One ?

Parce que cela donne complètement du sens avec ce que je fais déjà au sein du cluster ! Cela me permet de donner encore plus à l’écosystème, de rencontrer des gens passionnés et passionnants, de découvrir de nouveaux projets, de rester connectée à tout ce qu’il peut se passer en terme d’innovation et de richesse économique !

Pour moi le vrai intérêt de French Tech One c’est qu’il y a une sorte de melting pot de gens qui ont des expériences, des compétences différentes et qui se réunissent pour donner une belle dynamique et fait rayonner notre économie locale, nationale et internationale… C’est juste génial !

 

Peux tu décrire la Commission Hypercroissance ? Et quel est ton rôle de co-lead ?

Pour rappeler d’où vient la commission Hypercroissance, Digital League était l’opérateur du Pass French Tech jusqu’en fin 2018 et avec Virginie Delplanque on cherchait à apporter quelque chose en plus à ces entreprises en hypercroissance, qui peuvent d’un coup soit basculer du super côté soit tomber parce qu’elles avancent tellement vite qu’elles ont besoin de faire attention à tout. En s’inspirant des clubs de Digital League, on s’est dit qu’il serait intéressant de mettre en place des clubs métiers pour créer de l’échange entre entreprises au même stade de maturité. Cette commission Hypercroissance est composée de plusieurs clubs métiers ce qui permet d’avoir un retour d’expérience, faire en sorte que les entreprises se nourrissent les unes des autres et qu’une intelligence collective se pense durablement et que chacune se sente moins seule ! Mon rôle dans cette commission, c’est d’épauler Tim, CEO de Tilkee. On a l’avantage de très bien se connaître, d’être tous les deux des geeks, des techniciens, donc on a des visions plutôt similaires.

Ce qui est génial c’est que selon les métiers, les commissions, j’arrive à apporter mon expérience, le côté miroir de ce que je peux voir dans les entreprises que je côtoie et d’essayer d’orienter aiguiller et de comprendre ce à quoi sont confrontées les entreprises. L’idée c’est vraiment d’essayer d’enrichir et de faire en sorte que les entreprises s’enrichissent les unes les autres mutuellement en partageant leurs difficultés, leurs moment de bonheur et leurs problématiques sur différents métiers qui composent l’entreprise.

 

French Tech One en trois mots  ?

« ONE » : pour moi French Tech One c’est un collectif qui avance ensemble, qui a des actions tous les jours tous ensemble. Une partie des gens donnent de leurs temps, je penses aux équipes mais également aux personnes physiques qui sont engagées dans l’association tant au niveau du bureau que du conseil d’administration. Celui qui cherche une solution va être accompagné par ce collectif et c’est vraiment une force d’un écosystème réuni pour faire en sorte que tout le monde avance dans le bon sens.

« PARTAGER » : c’est pour moi le principe même d’une association, se réunir pour partager quelque chose. Là où je trouve que le partage se représente encore mieux chez French Tech One, c’est que toute l’organisation a justement été co-organisée : il y a une co-présidence, des co-leads sur chaque commission et une co-construction avec l’écosystème de cette aventure qui dure depuis déjà quelques temps et s’amplifie chaque année ! Toute cette organisation en “co” est pour moi le plus bel exemple du partage parce que le maître mot d’une association pour moi est vraiment le partage !

« GIVE » : ce qui touche le côté associatif, qu’on trouve aussi bien à French Tech One qu’à Digital League, l’avantage de ces deux associations c’est qu’elles sont sont hyper complémentaires et très proches ! Donner représente le partage, le fait d’être ensemble, le collectif et la volonté propre d’une association qui est que chacun est là pour apporter quelque chose à l’autre, à l’écosystème, au territoire… C’est une force vive qui se réunit vraiment sur le fait de pouvoir donner un maximum, on a tous reçu quelque chose de l’écosystème, maintenant c’est à nous de le re-partager et de le re-transmettre.

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