Parole aux adhérents : Tilkee

24 juin 2021
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Nouvelle rubrique : la parole aux adhérents !

Nous souhaitons donner la parole à nos adhérents afin en leur offrant un espace de parole.

Tribune, article de fond, regroupement de parutions… La parole est à eux et c’est au tour de Timothée Saumet, CEO & co-founder de Tilkee !

Disclaimer de la rubrique : tout en respectant notre charte, les propos tenus ne concernent que l’avis de l’auteur et non celui de l’association French Tech One Lyon St-Étienne.

Le POC, premier étage de la fusée

Vous n’avez pas forcément besoin d’agence Web, ni de CTO pour lancer votre projet. Vous avez besoin d’un Proof of concept (POC ou Preuve de concept). Bonne nouvelle : vous pouvez l’obtenir avec un investissement très limité. 

Prenez un entrepreneur avec une idée intéressante. Dans 80 % des cas, il s’agit d’une solution numérique, d’une appli ou d’un service SaaS. Laissez-le lourdement investir dans une agence Web ou dans un CTO et patientez. Après plusieurs semaines d’efforts à gérer la charge technique, il obtiendra un produit qui n’a jamais eu de retour client, dont personne n’a entendu parler et dont le prix sera faussé par ses coûts de développement.

On le répète souvent aux dirigeants qui démarrent : ne produisez jamais un produit en aveugle, n’investissez pas avant de connaître votre marché. Votre réussite serait un miracle. Ça arrive, mais c’est exceptionnel.

Pré-validation par le marché

En phase de lancement, la priorité ce n’est pas le CTO, ni l’agence Web ; la priorité c’est le Proof of concept (POC ou Preuve de concept).

Ne restez pas seuls pendant des semaines à coder dans votre salon ou dans votre garage ; ne payez pas d’emblée une agence Web pour développer votre appli. D’un côté, vous vous coupez de feedbacks importants ; de l’autre vous partez dans un long processus de développement qui peut s’enliser ou vous faire perdre du temps sur des détails.

Votre seule préoccupation doit être de trouver des clients et de leur faire pré-valider votre idée. Est-ce qu’elle répond à leurs attentes ? Combien sont-ils prêts à payer pour l’utiliser ? A quelle fréquence ? De quelles garanties ont-ils besoin ? Que faut-il améliorer ? En quoi est-elle indispensable pour eux ? Est-elle facilement déployable techniquement ? etc., etc.

Dès que vous avez un ou plusieurs clients (ou futurs clients), vous avez votre POC. Vous savez que votre solution va trouver sa place. C’est seulement à ce stade que vous pouvez lancer le développement, investir et recruter.

Utilisez les moyens du bord

Pour faire un POC et trouver des clients ou des leads, ne cherchez pas trop loin. Faites simple et utilisez les moyens du bord.

Avec Tilkee, je me souviens que nous cherchions un système pour éviter à nos clients d’avoir à saisir les cartes de visite de leurs contacts sur les salons. Nous voulions qu’ils scannent une carte de visite et que les données partent directement dans leur CRM. Facile à dire, moins facile à faire.

Plutôt que de bloquer nos développeurs durant des semaines et de faire des plans sur la comète, nous sommes allés dans des salons avec un montage rudimentaire : l’appareil photo d’un smartphone, un Slack et du courage (au début, c’est notre équipe qui récupérait les infos et qui faisait les saisies manuellement).

Notre proposition a séduit bon nombre de commerciaux, très contents de ne plus perdre de temps à recopier des piles de cartes. Nous avions notre POC sans y avoir consacré des mois ni d’importants moyens.

Quelques semaines plus tard, la covid-19 faisait son apparition. Tous les salons et toutes les conférences du monde fermaient leurs portes. Malgré la crise sanitaire, nous étions soulagés d’avoir fait notre POC sans trop dépenser : nous n’avions pas sur-investit dans un produit qui s’est brusquement retrouvé inutile.

En plus, nous avions récolté en chemin plein d’idées pour améliorer le concept et le rendre plus attractif. C’est ça aussi l’intérêt du POC. Sans les retours de vos premiers utilisateurs, vous risquez de devoir refaire 80 % du travail une fois que celui-ci sera confronté au réel.

No-code

Autre solution économique pour construire son POC : les outils no-code. Des plateformes innovantes qui permettent de commencer à bâtir un prototype de logiciel ou d’App sans être développeur.

Je pense d’abord à Zapier ou IFTTT, des plateformes qui permettent de créer des passerelles automatiques entre plusieurs services web. Exemple : vous voulez que tous les e-mails saisis dans votre formulaire Typeform soient envoyés automatiquement dans une Google sheet ou dans une liste Sendinblue ? Vous les reliez via la plateforme.

Zapier ou IFTTT sont faciles à utiliser même sans rien connaître aux API. Des dizaines de passerelles sont disponibles et vous pouvez les combiner, les empiler entre elles, presque comme vous voulez, gratuitement ou en payant une somme modique.

Citons ensuite Bubble.io, autre incontournable de la vague no-code. Techniquement parlant, c’est une plateforme de programmation visuelle qui permet de créer une application/un logiciel par “glisser-déposer”. C’est beaucoup plus facile que de coder soi-même, mais il y a un vrai travail de logique et d’architecture à prévoir. Que voulez-vous afficher au clic ? A quel endroit ? A quelles conditions ? Etc.

N’hésitez pas à vous faire aider par un sous-traitant freelance spécialisé. Cela vous coûtera quatre fois moins cher qu’un développement « from scratch ».

Temporisez avant de vous associer 

Cela nous amène à une autre erreur récurrente dans l’ordre des priorités : la quête d’un associé technique (CTO) avant même d’avoir lancé son projet.

Un excellent codeur, même avec des compétences techniques hors pair, ne sera pas forcément un bon CTO. En tant qu’associé, il devra notamment siéger au board de l’entreprise ; une place où la maîtrise du code ne suffit plus. Vous vous retrouvez alors en comité de direction avec quelqu’un qui n’a pas forcément une vision de dirigeant.

En interne, le CTO bâtit, structure et anime l’équipe technique. En externe, il représente l’entreprise quand le CEO n’est pas disponible. Alors temporisez un peu : le prestataire informatique ou le freelance que vous avez en face de vous saura-t-il sortir de sa zone de confort ? Aura-t-il les qualités pour rassurer les investisseurs sur l’avancée du projet ? Pourra-t-il intervenir dans une conférence ? Saura-t-il convaincre une banque ? Créer un réseau ?

En phase de démarrage, rien ne presse. Travaillez sur le fond. Vous n’avez pas forcément besoin d’un associé, pas forcément besoin d’une  agence, mais peut-être juste d’un prestataire ou d’un lead developer salarié…

Une seule chose est certaine, vous avez besoin d’un POC.

Timothée Saumet, CEO & co-founder de Tilkee

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