[PORTRAIT] Cédric Denoyel, président-directeur H7

6 juillet 2020
Vie de l'association

Valoriser. Valoriser les entrepreneurs et les membres qui s’investissent dans notre association fait partie intégrante de notre ADN. Parce que les entrepreneurs et nos adhérents sont au cœur de nos actions, nous souhaitons mettre en avant leur parcours et leurs projets.

Voici donc le portrait de Cédric Denoyel, président-directeur de H7 le lieu Totem de la French Tech sur Lyon et St-Étienne, et membre de notre Advisory Board !

Découvrez son portrait

Les propos sont restitués d’une conversation enregistrée.

Quelques mots pour te présenter toi et ton parcours ?

Je n’ai pas fait beaucoup d’étude, j’ai simplement un BTS Action Commerciale, que j’ai d’ailleurs eu assez tard. Je l’ai fait en alternance, donc j’ai commencé à travailler tôt. Après l’obtention de mon diplôme je suis passé dans le monde de l’assurance – responsabilité civile, passage assez éclair puisque je n’y suis resté que 2 ans.
En 2004 j’ai rejoint la société familiale de mon beau-père (le mari de ma mère) qui était une société dans le domaine du container maritime et 3 ans plus tard, en 2007, l’entreprise est rachetée par un groupe industriel et j’en prends la direction. Et en 2012, je décide de voler de mes propres ailes en créant Capsa Container, j’en ai été le président jusqu’à l’année dernière, j’ai vendu la structure en juin 2019.

Mon parcours est plutôt entrepreneurial. Finalement, l’expérience Capsa a été 6 années de dingue ! En 6 ans, nous sommes passés de 0 à 10 millions de chiffre d’affaires et de -presque- 0 à 50 personnes. C’était aussi une expérience industrielle très forte avec beaucoup d’innovations : nous utilisions des produits d’innovation de rupture avec du matériel fabriqué dans le monde entier qui servait uniquement au transport pour le détourner. Aujourd’hui il y a plein de choses qui se font en container (des logements, des hôtels, des bars, des restaurants, des lieux éphémères…) et c’est finalement devenu un business mondial !

En parallèle de mon aventure entrepreneuriale, j’ai rejoint Arty Farty en 2010 en occupant la place de trésorier. En 2017, la Métropole de Lyon a lancé l’appel à projet pour le Lieu Totem de La French Tech à Lyon-St-Étienne. Puisque l’entrepreneuriat était quelque chose que nous souhaitions développer, nous y avons répondu avec Arty Farty, avec une vraie vision d’intérêt général et sociétal de l’entrepreneur. Nous avons remporté l’appel à projet, nommé le Lieu Totem H7 et je m’occupe depuis 2018 de sa présidence !

De Capsa à H7, tu as la vision des deux côtés, pourquoi as-tu sauté le pas vers l’accompagnement ?

L’accompagnement est un aspect de l’entrepreneuriat qui m’intéresse énormément ! Nous n’accompagnerions pas près de 80 structures si cela ne m’intéressait pas !

Au-delà du fort intérêt, je dirais qu’il y a essentiellement deux raisons :

La première c’est que je pensais avoir apporté tout ce que je pouvais apporter à Capsa, à l’entreprise telle que je l’ai créée. Et puis, à partir du moment où tu crées une entreprise, elle devient une entité à part entière. Il n’y a selon moi pas de phénomène d’appartenance et c’est important, en fonction de ses capacités, de savoir passer le relai à des personnes qui sauraient mieux faire fonctionner l’entreprise. Pour moi, c’était important que Capsa continue à se développer : j’ai été bon sur le démarrage et je pense que les autres personnes qui ont pris le relai sont meilleures que moi sur la partie développement. Et H7 m’a permis de recréer une activité étant donné qu’on a tout monté de 0, c’est quelque chose que j’aime faire !

La deuxième raison c’est que je n’avais pas d’expérience dans ce domaine. Ce qui me dérangeait le plus dans ma vision d’entrepreneur industriel, c’était que le numérique était quasiment inaccessible pour nous. Quand tu es patron d’une PME industrielle, le numérique, la digitalisation, l’open innovation et les startups c’est hyper compliqué et très peu accessible parce que tu n’as pas le temps, mais aussi parce que tu ne comprends pas les messages qu’on veut te faire passer quand on t’en parle. Je trouvais intéressant d’avoir quelqu’un qui ne s’y connaissait pas puisque ça apportait un discours plutôt pédagogique.

Peux-tu nous en dire plus sur H7 ?

H7 a deux missions très claires :

  • La première c’est d’être le lieu Totem de la French Tech et du Numérique sur Lyon. Nous sommes donc au service de la communauté French Tech dans sa globalité et sur l’ensemble du territoire. Nous fédérons et mettons en avant tout l’écosystème : il faut, grâce au lieu, que les cluster, les structures d’accompagnement et toutes les initiatives liées au numérique se sentent accueillis et surtout valorisés.
  • La deuxième est l’accompagnement. Afin de combler le vide qu’il pouvait y avoir autour de l’accélération sur le territoire, nous avons décidé d’axer notre accompagnement sur l’accélération des startups. Nous accompagnons donc des startups qui ont déjà une certaine attraction commerciale, nous sommes très portés sur les mises en relations que nous réalisons grâce au réseau qui s’est tissé autour de H7. Très clairement, nous aidons les entrepreneurs à faire du business ce qui leur permet, lorsqu’elles passent par chez nous, d’augmenter leur chiffre d’affaires de 2 à 300%. En dehors de ces valeurs très business, nous avons des valeurs fondamentales qui sont la créativité, le numérique et l’impact.

Vous avez récemment lancé les candidatures pour le recrutement de la 3ème promotion de startups, est-ce que tu peux nous en dire plus ?

Cette 3ème promotion arrive après les 80 startups que nous avons déjà accompagnées, mais ce recrutement n’est pas lancé par H7 : il est lancé par la communauté de H7. Cette communauté est composée d’un tas de personnes et de structures : des startups, des partenaires, des experts, des prestataires de services… Tous les membres de l’écosystème qui ont cette envie de faire grandir cette communauté d’entraide.

Les candidatures se font directement sur le web (juste ici) et sont ouvertes jusqu’au 10 juillet. Nous avons des jurys de sélections qui sont composés, là encore, de startups, de partenaires, prestataires de services… qui vont participer au processus de recrutement.

Nous nous adressons à des startups/entreprises qui ont déjà une attractivité commerciale, ainsi qu’à des entreprises exogènes qui veulent s’implanter à Lyon (PME ou ETI qui voudrait implanter leur pôle R&D ou leur pôle de développement) et aux PME et ETI locales qu’on aimerait faire entrer dans l’écosystème numérique pour agrémenter la relation startups/PME qui sont pour nous extrêmement importantes.

Les recrutés vont tout d’abord bénéficier de notre accompagnement et de l’hébergement au sein de H7 ainsi que de l’accès à l’ensemble de la communauté et de notre réseau.

C’est important pour toi de travailler dans une structure qui aide et accompagne les entrepreneurs ?

Oui c’est important, d’autant plus que la période qu’on vient de traverser est compliquée et on s’aperçoit que les notions de communauté et d’entraide sont indispensables dans ces situations. C’est toujours plus simple quand tu es en groupe que lorsque tu es tout seul. On peut comparer ça au fait de chasser en meute, qui est plus facile et plus rassurant que de chasser tout seul. J’ai, pendant des années, fait partie d’une association de Chefs d’Entreprises et un point revenait souvent : c’est compliqué d’être seul face à ses choix. Donc pour moi, oui, c’est important d’aider et d’accompagner les entrepreneurs !

Et même sans m’intégrer dans cette accompagnement, je pense que les entrepreneurs gagneront toujours à être ensemble, à croiser leurs idées. A H7, nous sommes persuadés que le monde est en train de changer, que dans les années à venir, d’ici 10 ans, il y aura un certain nombre de valeurs à prendre en compte (marque employeur, bien-être au travail, impact sociétal et environnemental…). Nous essayons d’inculquer ces valeurs, c’est beaucoup de pédagogie et c’est pour ça qu’on a voulu être un lieu très hétéroclite : il y a des boites technologiques, dans la santé, dans l’ESS, des boîtes DeepTech, dans la banque et l’assurance… Ce qui est super intéressant, c’est cette diversité dans les secteurs qui, selon moi, apporte beaucoup plus que si toutes les entreprises étaient du même domaine.

Toi qui a les deux visions (accompagné et accompagnant), quels sont les obstacles rencontrés en général dans le monde de l’entrepreneuriat ?

Alors des obstacles il y en a un paquet, c’est sûr ! Mais avant de parler des obstacles, il faut voir que l’entrepreneuriat c’est surtout beaucoup de bonheur ! Entre le fait de créer une entreprise et de la voir grandir, elle et les équipes, et le fait de voir que l’entreprise en tant que telle commence à avoir une âme en dehors des personnes qui la composent… C’est beaucoup de joie et de fierté.

Les premiers obstacles tournent autour du positionnement du produit, il faut s’assurer du bon positionnement. Être sûr que son produit se vend et plaît au public. Ensuite, quand la société grandit, il peut y avoir des problématiques de ressources humaines et en tant que patron on passe du commercial au gestionnaire de ressources humaines, on se retrouve finalement à gérer des cas auxquels on était pas préparé… L’évolution de l’entreprise n’est pas simple à gérer, cela demande à l’entrepreneur de savoir tout faire.

Ensuite viennent les obstacles qui tournent autour de la notion d’association : il faut trouver le bon associé, s’associer au bon moment, trouver le bon moment pour lever des fonds et ainsi faire entrer d’autres personnes au capital de la société…

En tant qu’entrepreneur, c’est toi qui dois prendre les décisions et les erreurs c’est toi qui dois les assumer, mais les réussites il faut les partager ! Et ça, il faut en avoir conscience.

Quels conseils pourrais-tu donner à ceux qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Le tout premier conseil que je donnerais c’est d’y aller ! Un peu hésiter à se lancer c’est normal, mais il faut être sûr de soi et être convaincu de son projet !

Ensuite, il faut se fixer des objectifs à court, moyen et long terme et ne pas y déroger. On peut écouter les conseils et il faut le faire, mais il faut aussi respecter un minimum la ligne éditoriale qu’on s’est fixée.

Il faut aussi savoir s’associer correctement : compléter ton environnement de personnes qui sont meilleures que toi dans les domaines que tu maîtrises moins.

Et enfin savoir lâcher l’affaire quand on pense qu’on est plus assez apte pour gérer à ce niveau-là. Je pense que les gens ont un certain nombre de capacités dans les différentes étapes de la vie d’une entreprise, et c’est important de savoir quand se mettre en recul et mettre en avant d’autres personnes… Il faut parfois savoir lâcher la présidence pour se mettre à un poste un peu plus opérationnel et stratégique lorsqu’il y a besoin afin d’assurer l’émancipation de la boîte.

Pourquoi t’investir dans la dynamique French Tech One Lyon St-Etienne ?

Je m’investis parce que cette notion de communauté est super importante. La communauté a besoin d’un fer de lance, d’une forme ou autre pour être représentée et French Tech One représente bien cette communauté dans sa globalité. Il faut soutenir l’initiative, donner de la visibilité et si on tire tous dans le même sens on sera tous gagnants ! Il faut tous êtres derrière nos deux co-présidentes Emilie et Karine pour échanger et partager, c’est ce qui fait la force du collectif.

French Tech One en 3 mots ?

“COMMUNAUTE” : je l’ai déjà dit mais French Tech One représente bien cette communauté tech et entrepreneuriale sur Lyon et St-Etienne.

“FORCE” : une réelle force du collectif parce qu’il y a cette communauté qui tire dans le même sens.

“ENTREPRENEURIAT” : l’entrepreneuriat va nous permettre aujourd’hui de résoudre un certain nombre de problématiques sociales et sociétales, puisqu’on a des chefs d’entreprises qui sont conscients de l’impact de leur business.

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