[PORTRAIT] Idrissa Diallo, co-fondateur Makiti Africa

16 juillet 2020
Vie de l'association

Valoriser. Valoriser les entrepreneurs et les membres qui s’investissent dans notre association fait partie intégrante de notre ADN. Parce que les entrepreneurs et nos adhérents sont au cœur de nos actions, nous souhaitons mettre en avant leur parcours et leurs projets.

Voici donc le portrait de Idrissa Diallo, co-fondateur de Makiti Africa et membre actif de notre Commission Diversité.

Découvrez son portrait

Les propos sont restitués d’une conversation enregistrée.

Quelques mots pour te présenter toi et ton parcours ?

Je suis Idrissa Diallo, je suis né à Strasbourg de parents Guinéens, je suis donc franco-guinéen ! Mon parcours est relativement classique et simple, à deux mots près : j’ai un baccalauréat électrotechnique passé en candidat libre. Suite à ça, j’ai fait des études dans le commerce en tant que commercial, orienté acheteur avec un Master en achats internationaux.

J’ai commencé ma carrière professionnelle dans les achats, je suis rentré dans plusieurs sociétés telles que VINCI, EIFFAGE, ALSTOM et j’ai terminé ma carrière de « salarié » chez TOTAL en 2017, en tant que responsable achat Europe-Moyen-Orient-Afrique, avant de lancer ma première société dans l’énergie !

Peux-tu nous en dire plus sur ton projet Makiti Africa et comment cette idée t’est venue ?

Avec la création de ma première société dans l’énergie, je rencontrais énormément d’industriels et de commerçants sur le territoire africain puisque l’objectif de ce projet était d’aider les industriels africains à réduire leurs factures d’électricité et de carburant en intégrant des solutions photovoltaïques au sein de leurs usines.

Et ces industriels et commerçants ont été très nombreux à me faire part de leur problématique dans leur sourcing international. Ils ne savaient jamais vers quels fournisseurs se tourner, il y avait un véritable manque de confiance de la part des fournisseurs, ils ne savaient pas comment travailler avec des grands groupes sans avoir cette image d’acheteurs africains qui veulent des produits de très mauvaise qualité à bas coûts.

Ils se sont donc tournés vers moi, puisque j’avais cette compétence d’acheteur professionnel que eux n’avait pas forcément. Compétence qui pouvait les aider à 1) réduire leurs coûts d’achats et 2) à se développer en travaillant avec des marques proposant des produits de meilleure qualité et donc obtenir un avantage concurrentiel. Et c’est à partir de ce point que nous avons décidé de créer Makiti Africa, qui est un réseau d’achats et de distribution collaboratif africain, qui permet aux commerçants et aux industriels de pouvoir acheter auprès des fournisseurs internationaux sans réel intermédiaire.

Comment as-tu pu financer ce projet ?

Le financement, de base, c’est un peu le problème de n’importe quelle personne qui lance son projet. Mais c’est d’autant plus vrai lorsque le projet est lancé sur le continent africain.

Etant donné que c’est un continent qui fait peur, nous avons été obligé de financer nous-mêmes le projet. Étant donné que nous sommes davantage dans du trading, que nous achetons des produits et que nous les revendons, nous avons a pu nous financer initialement grâce à la marge dégagée. Notre financement passe aussi par nos honoraires : à côté de Makiti Africa, nous réalisons des missions de consulting grâce à notre expertise d’acheteurs/de contrôleurs financiers auprès de différentes entreprises, une partie de nos honoraires est réinjectée dans le financement de Makiti Africa.

Cet autofinancement est une des raisons qui fait qu’aujourd’hui nous n’allons pas forcément très vite, mais nous savons que lever des fonds est compliqué, surtout pour des projets comme le nôtre, c’est à dire 100% orientés Afrique.

Quels sont les obstacles auxquels tu as dû faire face ?

Le principal obstacle auquel nous devons faire face aujourd’hui et auquel nous ferons également face demain, est la confiance des gens. Il faut que nous obtenions la confiance des commerçants et industriels africains pour qu’ils acceptent de passer par Makiti Africa pour leurs achats. Étant donné que nous devenons, en quelques sortes, le fournisseur, ils perdent un peu leur pouvoir d’achat, ils n’ont plus le choix des produits puisque c’est nous qui décidons avec quels fournisseurs nous souhaitons travailler, ils n’ont plus de pouvoir sur la chaîne logistique…

Et, de l’autre côté, nous devons ganger la confiance des fournisseurs et des fabricants internationaux. Nous avons fait le choix d’un positionnement stratégique sur un secteur de développement informel. C’est à dire le secteur des petits détaillants/grossistes/industriels africains qui ne sont pas forcément visibles des opérateurs économiques classiques.

Quels conseils pourrais-tu donner à ceux qui veulent se lancer ?

Le principal conseil que je peux donner aux personnes qui souhaitent se lancer : terrain, terrain, terrain. Il faut faire valider son offre sur le terrain, aller voir les clients potentiels, aller voir la/les cible(s) qu’on souhaite toucher. Il faut faire valider son offre avant même de développer quoi que ce soit, avant même de chercher du financement ! Il faut être sûr d’avoir des gens prêts à payer pour ce que nous souhaitons offrir, comment est-ce qu’ils consomment aujourd’hui, etc. Avec une bonne connaissance du terrain sur lequel on va, on aura plus de facilités à proposer une offre de produit/service qui correspond aux besoins et aux problématiques des utilisateurs/des clients.

Pourquoi avoir fait le choix de t’investir dans la commission Diversité ? Qu’est ce que cela t’apporte ?

Ce qui est dommage avec la France, c’est que c’est un des pays avec la plus grande diversité culturelle au monde avec des gens de tous les horizons, mais cette diversité ne se reflète pas forcément dans les entreprises et/ou dans l’écosystème startup d’aujourd’hui.

Et c’est dommage parce qu’à travers cette diversité on pourrait être beaucoup plus fort, développer des produits et des technologies qui pourraient être plus performants à l’international. Parce que quand on décide d’attaquer le marché africain, on ne va pas l’attaquer comme on attaquerait le marché allemand ou asiatique. Cette diversité multiculturelle permet finalement d’aller attaquer énormément de marchés, mais comme je l’ai dit ça ne se reflète aujourd’hui pas dans les startups par exemple.

Comment faire pour qu’il y est, dans l’écosystème, beaucoup plus de personnes issues de la diversité ? Il faut déjà, au sein même de ces commissions, trouver plus de personnes issues de cette diversité, afin qu’elles puissent parler des obstacles rencontrés et de leurs expériences pour pouvoir ouvrir les horizons et proposer des actions concrètes pour les minorités qui veulent entreprendre.

Faire partie de la communauté Diversité, d’un point de vue professionnel, ça permet d’apporter un réseau, de se faire connaître et c’est important. On travaille sur différentes thématiques, dont certaines où je ne m’y connais pas ou sur lesquelles je ne me suis jamais penché et c’est finalement passionnant ! C’est une commission qui est ultra enrichissante !

Pourquoi t’investir dans la dynamique French Tech One Lyon St-Etienne ?

Pour la même raison que j’ai fait le choix de m’investir dans la Commission Diversité : il faut plus de diversité au sein de la French Tech et même au sein de l’écosystème French Tech One Lyon St-Étienne pour rendre le territoire beaucoup plus dynamique et plus fort sur des thématiques internationales ou régionales. Parce que typiquement, une entreprise ne va pas aborder la population du 6ème arrondissement de Lyon comme celle du 9ème par exemple.

French Tech One en 3 mots ?

« ECOSYSTEME »
« UTILE »
« DIVERSITE« 

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